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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 16:31
Il y a quelques semaines de cela l’excellent Hilarion L., lecteur assidu et exigeant de ce blog, m’a signalé la réédition en 2009 d’un livre initialement sorti au cour de la première guerre mondiale ; qu’il en soit grandement remercié ! Et en cette période de fêtes de fin d’année, je ne peux que partager ce petit cadeau avec mes estimés lecteurs.

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Décoration d’un couvercle de boite de cigares avec un sous-marin allemand passant devant la statue de la liberté.

 

A l’été 1915 parut aux Etats-Unis une uchronie intitulée America fallen ! The Sequel of the European war (Dodd, Mead and Company ; New York). Ecrite par un certain John Bernard Walker, elle racontait comment l’Allemagne, défaite sur les champs de bataille européens, se « refaisait » finalement aux dépens des USA. Cet ouvrage, immédiatement repéré par la propagande alliée, fit rapidement l’objet d’une traduction française sous le titre de : La vengeance du Kaiser New York bombardé.

 

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Couverture de la réédition de 2009.

 

L’objectif de cet ouvrage était simple et classique quoique ambitieux : dans une Amérique isolationniste, qui s’était empressée de déclarer sa neutralité dès le 4 août 1914, il fallait mettre en garde l’opinion publique contre les dangers que pouvaient faire courir au pays une atmosphère pacifiste conduisant à l’impréparation des forces armées face à une guerre moderne contre des troupes aguerries par plusieurs années de conflit en Europe.

 

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Numéro du 20 janvier 1912 du Scientific American.

 

Avant d’en arriver au récit de cette campagne victorieuse de l’armée impériale allemande, arrêtons-nous un instant sur l’auteur de cette curieuse fiction. John Bernard Walker, de son vrai nom George Dyson, était le fils d’un pasteur méthodiste du nom de John B. Dyson. Né en 1858, il se destina comme son père à la cléricature et obtint en 1885 son Bachelor’s Degree of Arts au Trinity College de Dublin. Nommé dans la paroisse de Merton, au sud-ouest de Londres, il se lia aussitôt d’amitié avec le couple Bartlett. Mais le jour de l’an 1886, monsieur Bartlett mourut dans des circonstances suspectes et durant l’enquête il apparut que George Dyson avait été fort intime avec Adélaïde Bartlett… Même si la justice ne le soupçonna pas de complicité dans cette ténébreuse affaire, sa congrégation le renvoya suite au scandale. Pour échapper à la publicité, George Dyson émigra alors aux Etats-Unis où il prit le nom de John Bernard Walker, nom sous lequel il fut naturalisé en 1898. Doué pour les dessins techniques, il rejoignit vers 1890 l’équipe de rédaction du magazine Scientific American et se fit connaître comme expert technique et journaliste 1.

1 Ce récit de la vie de John Bernard Walker est résumé d’un article publié dans le volume 55 des Proceedings of the Wesley Historical Society de mai 2006 (pp. 198-200), qui peuvent être consulté à l’adresse mail : http://www.biblicalstudies.org.uk/pdf/whs/55-5.pdf.

A ce titre il publia entre autres, trois mois après la catastrophe, An Unsinkable Titanic où il cherchait à démontrer que la sécurité des passagers avait été sacrifiée à la recherche de la vitesse et du luxe dans l’aménagement du navire ; en 1914 un ouvrage sur l’adduction d’eau dans les grandes villes (Creating a Subterranean River and Supplying a Metropolis with Mountain Water) ; et à une date indéterminée The Story of Steel. Il mourut en 1928.

 

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Le prince de Bülow (1849-1929), ancien chancelier de l’Empire et négociateur allemand au congrès de Genève.

 

La vengeance du Kaiser s’ouvre sur un retournement inattendu de la situation militaire en Europe : l’entrée des Pays-Bas, restés neutres jusque-là, dans le camp de l’Entente en avril 1916, suivie du débarquement d’une puissante armée alliée sur le flanc de l’Allemagne et de sa descente jusque dans la Ruhr, cœur de la puissance industrielle du Reich. Face à cette offensive victorieuse, le gouvernement impérial en était alors réduit à demander la paix par le biais de son négociateur, le prince de Bülow. En échange d’importantes concessions territoriales 2 et du paiement d’une indemnité de guerre de 75 milliards, il pouvait garder sa flotte et la paix était enfin signée à Genève le "1er mai 191. " 3

2 Ces concessions, telles que définies par John Bernard Walker, méritent d’être comparées aux clauses du traité de Versailles : « Les premiers débats, relatifs à l’établissement de nouvelles frontières, avaient abouti presque d’emblée, aux résultats prévus. La Russie, satisfaite de la possession de Constantinople avait consenti volontiers à la résurrection d’une Pologne entièrement autonome et destinée à servir d’Etat-tampon. La Roumanie, avait étrangement tardé à intervenir dans la lutte, n’en avait pas moins obtenu la Transylvanie ; tandis que l’héroïque Serbie s’était vue définitivement récompensée de sa fidélité par l’addition, à son ancien territoire, de l’Herzégovine et de la Bosnie, comme aussi d’une bonne moitié de la Bulgarie. L’Italie avait enlevé à l’Autriche les provinces dont la restitution avait été, de tout temps, le principal objet de ses rêves nationaux. La France avait naturellement reconquis l’Alsace-Lorraine, mais le Congrès avait jugé que cette simple reprise de provinces naguère volées ne pouvait suffire à reconnaître l’importance du rôle capital qu’avait joué dans la grande lutte européenne l’intrépide armée du général Joffre, si bien que, pour ce motif, et par manière de précaution internationale, on lui avait accordé, en outre, la presque totalité des régions prussiennes du Rhin. La Belgique avait eu, elle aussi, d’amples compensations, trop faibles encore pour faire oublier la sublime et douloureuse étendue de son sacrifice. Enfin les Japonais – pour nous borner à ces quelques indications trop sommaires – avaient été autorisés à garder Kiou-Tchéou, dont ils s’étaient rendus maîtres dès les premiers mois de la guerre » (La vengeance du Kaiser pp. 10-11).

3 Il ne s’agit pas là d’une erreur de frappe de ma part, mais de la retranscription exacte de la date apparaissant dans l’ouvrage. L’auteur ayant « programmé » l’entrée en guerre des Pays-Bas en avril 1916, je suis parti dans ce qui suit sur l’hypothèse de la signature du traité de paix en 1917, ce qui m’a ensuite amené à rechercher les noms des responsables américains (qui ne sont pas cités dans l’ouvrage original…) en poste au mois de juin de cette année.

 

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Le Kaiser, vieilli vers la fin du conflit.

 

Dès le lendemain, 2 mai, le Kaiser convoquait à Potsdam une réunion exceptionnelle de son conseil, au court de laquelle il exposa son plan : afin de provoquer l’hostilité des Etats-Unis en contestant la doctrine de Monroe, il avait négocié tout d’abord l’achat de l’île de Saint-Thomas (dans les Antilles) avec le Danemark en échange d'un versement de 100 millions de marks. Ceci fait, il expliqua alors ses projets militaires à son chancelier Bethmann-Hollweg, à son ministre des affaires étrangères von Jagow, à son chef de l’état-major, général von Falkenhayn, à son grand amiral von Tirpitz et au prince de Bülow : les USA qui étaient restés neutres pendant le conflit mais en avaient profité pour approvisionner les alliés en armement allaient être envahis et forcés à payer la somme de 200 milliards pour acheter la paix 4

4 Extrait des paroles prêtées au Kaiser : « Et que l’on ne vienne pas dire qu’une telle descente sur les côtes des Etats-Unis constituerait une attaque préméditée contre une nation amie ! A supposer même que le point de vue moral compte encore pour nous, j’affirme que ce point de vue aurait de quoi nous justifier parfaitement. Lorsque, par amour du gain, la grande république neutre s’est transformée en un arsenal pour approvisionner nos ennemis de canons, de munitions, et de toute sorte d’autres renforts précieux, du même coup cette république s’est trouvée participer activement à notre défaite » (La vengeance du Kaiser p. 24).

Profitant du fait que le prolongement des mesures de censure pendant la période requise pour la démobilisation des armées ne provoquerait aucun soupçon et que les états neutres ou autrefois ennemis se voyaient contraints de libérer les navires marchands allemands jusque-là internés dans leurs ports, le gouvernement impérial entama les préparatifs nécessaires à son plan d’invasion : on annonça officiellement que la Kriegsmarine, inactive au long du conflit, partirait pour des manœuvres dans l’Atlantique à la mi-mai et, secrètement, on transformait des transatlantiques comme l’Imperator 5 ou le Wilhelm II 6 pour y faire embarquer un corps expéditionnaire de 200.000 hommes en trois convois distincts, escortés par une escadre de dix cuirassés du type Wittelsbach 7.

5 Transatlantique de 280 mètres de long lancé le 23 mai 1912 par les chantiers navals AG Vulcan de Hambourg pour le compte de l’HAPAG. Au début de la guerre, alors qu’il devait partir pour New York, il fut mis à quai à Hambourg et y resta tout au long du conflit.

6 Transatlantique de 216 mètres de long lancé le 12 août 1902 aux chantiers navals Vulcan de Stettin pour le compte de la Norddeutscher Lloyd. Arrivé à New York le 6 août 1914, il y fut interné.

7 Cuirassé de 11.775 tonnes lancé le 3 juillet 1900. Armé de 4 canons de 240 mm, 18 de 150 mm, 12 de 88 mm et de 6 lance-torpilles, il était déjà considéré comme un navire ancien, bien que toujours opérationnel, au début de la première guerre mondiale.

 

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L’Imperator, qui fut le plus grand paquebot au monde en 1913-1914.

 

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Le Wilhelm II sortant du port de New-York. Le premier remorqueur porte une marque aux armes de la Norddeutscher Lloyd.

 

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Le SMS Wittelsbach.

 

Puis eut lieu une grande revue navale, en présence du Kaiser :

La matinée du 18 mai – qui avait été la date fixée pour la revue impériale – révéla vraiment en vue d’Héligoland la plus grande force navale qui jamais se fût réunie sous le drapeau allemand. Ancrée en cinq longues lignes parallèles, cette force couvrait maintes lieues carrées des calmes eaux du détroit ; et les navires, étincelant sous une nouvelle couche de peinture, déployaient au brillant soleil toute la gaieté et l’animation pittoresque qui convenaient à une grande fête nationale.

La première ligne, longue de 6 milles, était faite de cuirassés et de croiseurs du type le plus nouveau, la seconde de navires de guerre d’un type plus ancien, la troisième de croiseurs légers, la quatrième de torpilleurs et de sous-marins, la cinquième de vaisseaux auxiliaires de toute catégorie.

Exactement au coup de midi, le Kaiser, du haut du pont du Hohenzollern, ouvrit la revue et tandis qu’il allait çà et là le long des diverses lignes, chacun des navires accueillait d’un éclat de tonnerre l’approche d’un souverain, qui, malgré les récents revers de ses armes, avait su se conserver la confiance et l’amour de son peuple 8.

8 La vengeance du Kaiser pp. 33-34.

 

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L’île de Héligoland.

 

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Le Kaiser, sur le pont du Hohenzollern, passant la flotte en revue.

 

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Carte de vœux pour la nouvelle année montrant le Hohenzollern roulant à la tête de la flotte allemande au large de Héligoland.

 

Puis cette grande flotte se scinda en deux : l’escadre rouge, dont le Thüringen 9 était le navire amiral, partait pour la Manche où son commandant ouvrit ses ordres ; trente-six heures plus tard, l’escadre bleue menée par le König 10 faisait de même.

9 Cuirassé de 24.700 tonnes lancé le 27 novembre 1909. Il était armé de 12 canons de 305 mm, 14 de 150 mm, 14 de 88 mm et de 6 tubes lance-torpilles.

10 Cuirassé de 28.600 tonnes lancé le 1er mars 1913. Il était armé de 10 canons de 305 mm, 14 de 150 mm, 10 de 88 mm et de 5 tubes lance-torpilles.

 

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Le SMS Thuringen dans un dock flottant.

 

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Le SMS König.

 

Dans les jours qui suivirent le monde retrouva son calme, à peine troublé le 20 mai par l’annonce dans les journaux de négociations pour l’achat de l’île de Saint-Thomas, information démentie le 24 par le gouvernement impérial ; mais le 31 mai, dans un véritable coup de tonnerre, l’annonce de cet achat était confirmée par l’Allemagne. Immédiatement le président Wilson convoqua ses ministres à la Maison Blanche, dont son secrétaire d’Etat Robert Lansing (1864-1928), son chef d’état-major, le général Hugh Lenox Scott (1853-1934), et le président du conseil de la marine, pour envisager toutes les ripostes possibles. Informé par les deux officiers de la dispersion et de la faiblesse des forces fédérales de terre et de mer dues à la politique pacifiste du pays, Wilson en fut alors réduit à constater qu’il ne pouvait qu’entamer des négociations sans disposer du moindre moyen de pression.

 

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Le président Wilson, entré en fonction le 4 mars 1913 (vignette publicitaire de la seconde série des Célébrités contemporaines).

 

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Robert Lansing, secrétaire d’Etat depuis le 24 juin 1915.

 

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Le général Scott, chef d’état-major depuis 1914.

 

Dans la nuit de ce même 31 mai, les sous-marins allemands attaquaient les ports de Boston, New York, Norfolk, Charleston et Christobal au Panama. Parallèlement, d’autres U boot détruisaient les petites unités navales américaines stationnées à Panama et torpillaient les écluses de l’entrée du canal pour empêcher le passage des bâtiments de la flotte américaine du Pacifique. Au même moment, des troupes étaient débarquées à Key-West en Floride où elles s’emparaient de la station de radiotélégraphie ainsi que des codes secrets de l’US Navy et s’en servaient pour attirer l’escadre américaine stationnée à La Havane vers Guantanamo. Dès 8 heures du matin, l’amiral Buchner, commandant de l’escadre allemande, rendit compte à Berlin par radio du succès complet de ces opérations.

 

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U Boot attaquant des installations à terre.

 

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Les écluses de Gatún, entrée du canal de Panama, vues depuis le golfe du Mexique.

 

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Portes des écluses de Gatún avant leur torpillage par les sous-marins allemands…

 

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La station de radiotélégraphie de Key-West.

 

Ces prémices menées à bien, les choses sérieuses pouvaient commencer. En premier lieu, les fortifications de New York (les forts Hancock, Hamilton et Wadsworth), mal protégées du côté de la terre, furent neutralisées et des navires de guerre sous le commandement de l’amiral Buchner purent pénétrer dans le port. Un ultimatum fut alors envoyé au maire John Purroy Mitchel (1879-1918) exigeant le versement d’une indemnité de 25 milliards et lui laissant 24 heures pour faire connaître son acceptation, sous peine de voir la ville bombardée.

 

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La batterie Weed du fort Wadsworth ; on remarque l’absence de réelle protection du côté de la terre.

 

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L’entrée du port de New York vue depuis Manhattan.

 

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John Purroy Mitchel, maire de New York depuis le 1er janvier 1914.

 

Réunissant immédiatement les représentants de tous les établissements financiers de la ville (dont un fort amusant pacifiste et philanthrope tenant à rappeler l’amitié qui l’avait lié à Bismarck ainsi qu’au Kaiser), il leur fit part des exigences allemandes. En bon boutiquiers, ses messieurs se résolurent à faire une contre-proposition de 5 milliards (dont 250 millions versés immédiatement). A 9 heures du matin le lendemain, heure marquant le terme de l’ultimatum, n’ayant pas reçus entière satisfaction à sa demande, l’escadre allemande ouvrait le feu ; la conduite du tir était dirigée par des hydravions mis à l’eau depuis les navires. Les uns après les autres les générateurs électriques et les transports de Manhattan, l’immeuble Wollsworth, la mairie et biens d’autres bâtiments encore subirent les effets de ce bombardement. Si bien qu’à 10 heures et demie le maire de New York se rendait à bord du König pour accepter l’ultimatum et capituler, juste à temps pour éviter la destruction du pont de Brooklyn où se pressaient en foule des civils cherchant éperdument à fuir Manhattan.

 

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Vue de Manhattan dans la nuit d’inquiétude qui précéda le bombardement. Au fond à droite, on aperçoit le pont de Brooklyn.

 

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Le sommet de l’immeuble Wollsworth dans des nuages évoquant un peu des fumées d’explosions ; depuis 1913 il s’agissait de l’immeuble le plus haut du monde avec ses 241 mètres. C’est de son sommet que le surveillant Kennedy put observer les effets du bombardement.

 

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La mairie de New York dont le clocheton fut une des cibles de l’artillerie navale allemande.

 

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Le pont de Brooklyn survolé par un avion.

 

Dès le 1er mai Washington avait été pris par les troupes allemandes, événement qui n’avait eu pour précédent que la capture de la ville en 1814 par l’armée britannique ; le gouvernement américain et les hauts fonctionnaires, en fuite, se réfugièrent à Philadelphie. Le 2 mai Boston tombait à son tour. Le 3 juin une nouvelle armée de 100.000 hommes quittait les ports d’Allemagne pour renforcer les troupes déjà débarquées aux Etats-Unis.

 

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La Maison Blanche occupée par les troupes allemandes dès le 1er mai. Contrairement à leurs homologues britanniques, celles-ci ne l’incendièrent pas…

 

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Le fort Warren défendant l’entrée du port de Boston.

 

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Une des pièces américaines de défense côtière, rapidement écrasées par les canons des cuirassés allemands grâce à leur portée supérieure.

 

Le 6 juin, ayant reçu depuis quelque jour par la station radiotélégraphique de Key West le faux ordre de se concentrer au large de Guantanamo puis de partir à la recherche de la première escadre allemande, la flotte américaine de l’Atlantique sous les ordres de l’amiral Willard s’était lancée à la recherche de l’ennemi. Le lendemain à 6 heures, le croiseur Washington 11 envoyé en éclaireur signala l’avoir repéré, juste avant d’être détruit. Au court de la lutte qui suivit les SMS Nassau 12, Derflinger 13 Oldenburg 14 et von der Tann 15 furent mis hors de combat. Mais une demi-heure après les premiers tirs, une seconde escadre allemande menée par le SMS König et le SMS Kaiser 16 doublait l’extrémité de Cuba pour prendre en tenaille les navires américains. Dès lors le sort de la bataille était réglé et les Allemands se retrouvaient maîtres de l’Atlantique, c’est-à-dire à même de le franchir en toute sécurité avec autant de transports de troupes qu’ils le voudraient...

11 Croiseur de 15.712 tonnes lancé le 18 mars 1905. Il était armé de 4 canons de 250 mm, 16 de 150 mm, 22 de 76 mm et de 2 tubes lance-torpilles.

12 Cuirassé de 21.000 tonnes lancé le 7 mars 1908. Il était armé de 12 canons de 280 mm, 12 de 150 mm, 16 de 88 mm et de 5 tubes lance-torpilles.

13 Cuirassé de 31.200 tonnes lancé le 17 juillet 1913. Il était armé de 8 canons de 305 mm, 12 de 150 mm, 4 de 88 mm et de 4 tubes lance-torpilles.

14 Cuirassé de 24.700 tonnes lancé le 30 juin 1910. Il était armé de 12 canons de 305 mm, 14 de 150 mm, 14 de 88 mm et de 6 tubes lance-torpilles.

15 Croiseur de bataille de 21.300 tonnes lancé le 20 mars 1909. Il était armé de 8 canons de 280 mm, 10 de 150 mm, 16 de 88 mm et de 4 tubes lance-torpilles.

16 Cuirassé de 27.000 tonnes lancé le 22 mars 1911. il était armé de 10 canons de 305 mm, 14 de 150 mm, 12 de 88 mm et de 5 tubes lance-torpilles.

 

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L’USS Washington.

 

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L’USS Oklahoma 17.

 

17 Cuirassé de 27.500 tonnes lancé en mars 1914. Il était armé de 10 canons de 356 mm et de 21 de 127 mm. Il s’agissait du navire amiral de l’escadre américaine lors de cette bataille de la mer des Antilles.

 

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Le SMS Nassau.

 

Pendant ce temps, les troupes d’invasion s’étant élancées de New York, Washington et Boston s’étaient rendues maîtresses des voies ferrées partant de ces villes et s’étaient emparées des grandes cités du nord-est des Etats-Unis et de leurs industries, le gouvernement américain devant alors quitter Philadelphie pour se retirer jusqu’à Pittsburg. Le 16 juin, l’armée allemande, concentrée à Philadelphie, se mettait en route pour Pittsburg et de maigres troupes fédérales, renforcées par la garde civile, s’efforçaient de ralentir son mouvement. Le 17 juin, elles livraient des combats retardateurs près de Harrisburg, au pont de pierre jeté sur la rivière Susquehanna. Les 20 et 21 juin elles résistaient opiniâtrement sur les sommets des Alleghenies, mais rien n’y faisait : Pittsburg tombait et le gouvernement américain, replié à Cincinnati capitulait en s’engageant à payer l’indemnité de 200 milliards imposée par le vainqueur. Ainsi s’achevait ce que l’auteur a lui-même baptisé « la Grande Débâcle Américaine »…

 

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L’Indépendance Hall de Philadelphie (où fut signée la Déclaration d’indépendance) occupé par l’armée impériale allemande ; on remarquera sur cette carte postale son extrême discrétion en ce lieu chargé de symbole…

 

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Rassemblement des troupes américaines.

 

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Détachement de mitrailleurs allemands montant à l'attaque.

 

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Pont de chemin de fer de Harrisburg ; on n’y voit malheureusement pas de plaque commémorant les combats menés par les troupes américaines dans l’espoir de retarder l’avance allemande...

 

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Passes dans les Alleghenies.

 

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Le centre ville de Pittsburg.

 

Mon pauvre résumé ne pouvant donner une idée exacte de l’intérêt de ce livre ni de la jubilation que l’on ressent à sa lecture, permettez-moi de vous en soumettre le sommaire pour renforcer votre envie de l’acquérir 18 :

18 Sans manquer de retourner voir l’invasion de New York par les 20 archers de l’armée du grand-duché de Fenwick dans La souris qui rugissait

Avant-Propos (p. 5)

Première partie : Une dure leçon pour les Etats-Unis (p. 9)

Chap. I : La Paix de Genève (p. 9)

Chap. II : La Chambre du Conseil à Potsdam (p. 14)

Chap. III : Un trésor non défendu (p. 22)

Chap. IV : Embarquement des troupes allemandes (p. 27)

Chap. V : Le départ de l’armée d’invasion (p. 32)

Chap. VI : La réunion du Conseil des ministres à Washington (p. 36)

Deuxième partie : La grande débâcle américaine (p. 53)

Chap. I : Le raid des sous-marins allemands (p. 53)

Chap. II : Prise des défenses du port de New-York (p. 54)

Chap. III : La demande d’indemnité (p. 59)

Chap. IV : Le bombardement de New-York (p. 69)

Chap. V : La Capitulation de New-York (p. 79)

Chap. VI : La Reddition de Boston (p. 84)

Chap. VII : La Prise de Washington (p. 91)

Chap. VIII : A la recherche de l’escadre allemande (Récit de l’ingénieur T. S. Langton) (p. 102)

Chap. IX : La Bataille de la Mer des Antilles (Suite et fin du récit de l’ingénieur Langton) (p. 109)

Chap. X : Le Plan Allemand continue à se réaliser (p. 117)

Chap. XI : La Prise de Pittsburg… et la Paix (p. 127)

Post-scriptum du traducteur (p. 137)

 

8

Timbre émis pour le territoire des Etats-Unis par les autorités allemandes d’occupation…

 

Quelle fut la portée de cette œuvre ? Dans un premier temps, un certain succès de librairie, accentué par sa reprise dans le cadre de la propagande des Alliés. Peut-être contribua-t-elle aussi à faire réfléchir les Américains (si tant est que cela se révèle possible…), mais il ne réussit toutefois pas à les convaincre du péril germanique. Ainsi, à l’automne 1917 le président Wilson fit-il encore campagne pour un second mandat et fut-il réélu sur le thème de « Nous ne sommes pas en guerre grâce à moi », même si dès le 3 juin de cette même année le Congrès avait voté un renforcement des effectifs de l’armée fédérale du fait de la détérioration de ses relations avec l’Allemagne.

 

 

 

Amical souvenir à Caroline B.-L. et à son saint époux qui, il y a quelques temps et sans que nous en soyons alors conscients, m’ont fourni un agréable prélude à cet article en me permettant de tirer au colt puis au mauser 98…

 

 


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commentaires

N
Bonsoir,je recherche des photos sur le séjour du kaiser a Charleville-Mézières au château Renaudin.<br /> Pouvez vous m'aidez.Bien cordialement.Nicolas
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P
Bonsoir,<br /> J'ai quelques cartes postales montrant le Kaiser, l'Impératrice et le Kronprinz à Charleville-Mézières. Je pourrai vous en fournir des scanners si vous me précisez votre adresse mail.<br /> Bien cordialement.
H
<br /> Je viens de terminer la lecture de cet ouvrage assez bizarre. On le lit aujourd'hui comme une uchronie classique de SF, alors qu'il s'agissait à l'époque d'un pamphlet politique. c'est comme si<br /> De Gaulle avait écrit en 1939 un livre sur la débâcle de l'armée française en 1940 pour dénoncer le manque de moyens de nos forces. De plus, il est amusant de constater que l'on parle d'esprit de<br /> revanche allemand après les conclusions de la paix en 1916, exorbitantes, ne pouvant que se finir par une nouvelle guerre. Lire cela quand on connaît les suites du traité de Versailles de 1919,<br /> on se dit que l'auteur avait vu juste. Un drôle de livre, vraiment.<br />
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H
<br /> Une fois n'est pas coutume, je voudrais vous proposer une lecture en dehors du sujet qui préoccupe notre hôte. Il me pardonnera volontiers, étant bien volontairement à l'origine de cette<br /> acquisition.<br /> <br /> <br /> Etant un grand amateur de romans uchroniques de ce genre, je vous propose de lire "Les oranges de Yalta" de Nicolas Saudray, dans lequel l'Allemagne de la mauvaise époque gagne la Seconde Guerre<br /> mondiale. L'humour de bon aloi contrebalance le monde sordide qui s'annonce, et qui voit de Gaulle s'exiler en Argentine et Mao devenir chauffeur de taxi à New York. Le second livre, plus<br /> sérieux, est "1940, si la France avait continué la guerre" de Jacques Sapir, qui explore le scénario du repli en Afrique du Nord. Moins drôle, mais d'une redoutable précision, ce roman est aussi<br /> excellent.<br /> <br /> <br /> J'espère n'avoir par été trop long, et je demande votre pardon pour ce glissement historique.<br /> <br /> <br /> Hilarion L.<br /> <br /> <br /> PS : gruss gott herr Simon.<br />
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A
<br /> Effectivement, je suis bien obligé de l'avouer, ce n'est pas mal du tout ! Cela n'aurait certainement pas marché car la perfide Albion lui aurait mis des bâtons dans les trous (d'eau), mais,<br /> bon,...<br />
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