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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 09:04

 


 

 

 

3-copie-14Carte postale imprimée à l’occasion d’un des anniversaires du Kaiser. On remarquera d’un côté Germania tendant une couronne de chêne à l’impérial portrait et de l’autre les drapeaux des quatre royaumes intégrés à l’Empire allemand : de la gauche vers la droite, la Prusse, la Bavière, la Saxe et le Wurtemberg (seuls les emblèmes de la Prusse et de la Saxe ont été agrémentés d’une glorieuse verdure…)

 

Il y a cent ans de cela jour pour jour, Sa Majesté l’empereur Guillaume II célébrait son 54e anniversaire. Tout au long de son règne, le jour de sa naissance fut évidemment fêté officiellement. Et il va de soit (comme le montre certaines des illustrations de cet article) que les loyaux sujets du Kaiser qui désiraient en garder un souvenir ému ne manquaient pas de tout aussi loyaux boutiquiers pour leur en proposer.

 

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Carte postale commémorative gaufrée éditée à l’initiative du Berliner Ruder-Club Sport-Borussia (club berlinois d’aviron, fondé le 5 novembre 1880, qui existe toujours).

 

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Le Kaiser et ses fils traversant Berlin le jour de son anniversaire. Les chapeaux levés dans la foule témoignent de la joie et de l’enthousiasme des sujets de l’Empereur.

 

En sa qualité de chroniqueuse officieuse de la cour, miss Anne Topham ne pouvait manquer d’évoquer certains incidents qui marquèrent l’un de ces événements.

Quelques jours plus tard, c’est l’anniversaire de la naissance de l’Empereur ; il est fêté depuis le matin jusqu’à la nuit avec le plus vif enthousiasme. La fête commence à neuf heures trente par les félicitations de la famille. Sur des tables qui s’alignent autour des petits salons, on a exposé les cadeaux divers envoyés par la famille et les amis. Quand la princesse était encore enfant, le présent qu’elle offrait à son père était toujours pour elle une source de préoccupations. Tantôt c’était un buvard dont la couverture avait été peinte ou travaillée par elle, tantôt c’était un cadre à photographie ou un dessin fait par elle ; mais la confection de ces objets lui avait toujours coûté une somme considérable de temps et de patience. L’Empereur trouvait toujours agréable le cadeau de sa fille, et y attachait plus de prix qu’aux statuettes d’argent, aux boites à cigarettes en orfèvrerie ou aux objets coûteux que lui prodiguaient les autres membres de sa famille 1.

1 Ainsi donc, que l’on soit souverain ou simple particulier, on ne peut échapper à l’excès d’affection qui pousse les enfants à expérimenter à vos dépens leurs talents créatifs… Toutefois, soit du fait d’une plus grande patience que le commun des mortels chez lui, soit du fait d’un talent artistique plus prononcé que ceux de la majorité des bambins chez sa fille, l’Empereur appréciait vraiment  les cadeaux qui lui étaient présentés par la Princesse.

 

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Le palais royal de Berlin.

 

Bal Berlin 28.02.11

Invitation au palais royal de Berlin, signée du comte August zu Eulenburg, ministre de la Maison royale de 1907 à 1918.

 

Le soir de la fête de l’Empereur, on donne d’ordinaire une représentation de gala à l’Opéra ; le public se compose uniquement des invités de Sa Majesté ; le théâtre est ce jour-là orné de guirlandes et parfumé. Il arriva cependant une année que la représentation de l’Opéra fut remplacée par un concert donné au château même. Ce concert eut lieu dans la magnifique salle blanche et j’y assistai dans une des deux petites loges pratiquées à même le mur. Je me souviens tout particulièrement de ce concert à cause de deux incidents assez étranges qui se produisirent. Quelques solistes se faisaient entendre et il y avait un orchestre composé de nombreux instruments à cordes et à vent. Pendant un morceau de l’orchestre, je vis s’ouvrir une porte qui donnait sur une galerie déserte d’habitude, occupée par les musiciens. Cette galerie longeait la salle et faisait un angle droit avec la loge où je me trouvais. Je fus stupéfait de voir entrer un homme à quatre pattes, se dirigeant ainsi lentement vers le côté opposé. A quelques mètres par derrière, une femme grasse et grosse le suivait de la même manière. On les voyait distinctement à travers la balustrade de marbre blanc qu’ils longeaient ; la femme s’empêtrait continuellement dans son jupon. Etaient-ce peut-être les préparatifs d’un attentat anarchiste 2 ? Ce fut la première pensée qui me traversa l’esprit, mais la rotondité de cette femme me rassura. Elle ne semblait pas être de l’étoffe dont on fait les conspiratrices ; néanmoins ses mouvements étaient décidément suspects. Je touchai la main de la dame d’honneur assise à côté de moi et attachée depuis longtemps à la Cour. Elle ne les avait pas encore aperçus, je tendis la main dans leur direction ; elle fut stupéfaite en les voyant et l’indignation lui fit monter un flot de sang au visage. Elle me dit à l’oreille que ces gens étaient la femme et le fils d’un intendant, un de ces fonctionnaires qui ont la surveillance de certaines parties du château. Ils avaient choisi ce moyen extraordinaire pour jouir du coup d’œil et entendre le concert. C’était insensé, et on le vit bien, car l’Empereur lui-même s’en aperçut ; il fit faire une enquête : le résultat en fut que l’infortuné mari et père de ces deux imprudents perdit presque immédiatement sa situation d’intendant. Son fils, jeune homme assez âgé pour avoir de meilleures inspirations, fut sévèrement puni. Quant à la femme, elle tomba en disgrâce et fut longtemps regardée de travers par ses collègues du château.

2 Cette inquiétude n’est pas forcément exagérée, la fin du XIXsiècle et le début du XXe ayant sonné – et pas seulement chez les anarchiste – l’ouverture d'une saison de chasse aux responsables politiques. Pour se limiter aux seuls souverains et autres chefs d’états assassinés durant cette période, citons le tsar Alexandre II (1er mars 1881), le président américain James Garfield (19 septembre 1881), le président français Sadi Carnot (24 juin 1894), l'impératrice Elisabeth d'Autriche (10 septembre 1898), le roi Humbert d’Italie (29 juillet 1900), le roi Charles Ier de Portugal (1er février 1908) et le roi Georges Ier de Grèce (18 mars 1913).

 

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Carte postale commémorative gaufrée de 1909.

 

Dans ce même concert, un des choristes commit une bévue. Tous les concerts de gala sont coupés par un long entracte pendant lequel l’Empereur fait le tour des invités et s’entretient avec chacun. Ce n’est que sur l’ordre de l’Empereur qu’un léger roulement de tambour indique que le concert va recommencer. Cette fois-là le tambour retentit après une très courte pause et chacun s’en alla avec quelque surprise retrouver sa chaise de velours qu’on venait de quitter pour faire les cent pas.

L’Empereur vit bien que quelqu’un avait fait une sottise, puisqu’il n’avait pas donné l’ordre de continuer ; mais peut-être n’était-il pas fâché au fond de voir abréger le concert : le fait est qu’il laissa passer la méprise sans rien dire, et retourna bientôt prendre sa place à côté de l’Impératrice. La personne qui avait donné le signal était un choriste qui avait inspiré un peu auparavant des inquiétudes à ses amis. Quelques minutes après avoir vigoureusement roulé du tambour, notre homme s’était enfui du château, poursuivi par les valets de pied jusqu’à la grille de la cour. Là le malheureux s’était échappé grâce à l’obscurité et perdu au milieu de la foule qui remplissait la rue 3.

3 Souvenirs de la cour du Kaiser, pp. 112-114.

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7-copie-7

Avers d’une médaille souvenir de 1890 :

Wilhelm ii deutscher kaiser könig v. preussen

 

8-copie-1

Revers de la médaille :

der 2. geburstag

aus

deutscher

kaiser

1890

27. jan.

 

 

 


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